Table des matières

Introduction

Watwan Eco constitue, durant la période mars-mai 2017, le principal supplément hebdomadaire économique et financier du quotidien comorien Al-watwan. Se présentant comme « le premier hebdomadaire comorien des questions économiques et financières », cette publication paraît chaque vendredi sous la direction d’Ahmed Ali Amir, directeur de publication du journal Al-watwan. Le supplément, qui ne peut être vendu séparément, entre alors dans sa deuxième année d’existence.

Entre mars et mai 2017, Watwan Eco offre une couverture approfondie de l’actualité économique nationale et internationale, proposant des analyses détaillées, des interviews de personnalités clés et des contributions d’experts. Cette période correspond à une phase d’intense activité économique aux Comores, marquée par des débats sur les infrastructures, l’emploi, l’énergie et l’attractivité du pays pour les investisseurs. Le supplément se positionne comme un outil d’information et de réflexion sur les défis économiques de l’archipel.

Structure éditoriale et contenu

Organisation des numéros

Chaque numéro de Watwan Eco s’articule autour de plusieurs rubriques récurrentes. La formule éditoriale comprend systématiquement un « Chiffre du Jour », mettant en évidence une statistique économique significative, qu’elle soit nationale ou internationale. Cette rubrique permet d’ancrer l’actualité hebdomadaire dans des données chiffrées précises.

Les éditions comportent généralement un dossier principal, développé sur plusieurs pages (souvent pages II à IV), traitant en profondeur d’une thématique économique majeure. Des rubriques complémentaires apparaissent selon les numéros : « Notre dossier », « Au cœur de l’entreprise », « International », « Contribution » et « Opinion ». Cette structure modulaire permet d’aborder simultanément les enjeux locaux et les tendances économiques mondiales susceptibles d’affecter l’archipel.

Couverture thématique

Durant cette période, Watwan Eco traite de sujets aussi variés que la pêche, le transport aérien, l’énergie, les infrastructures routières, l’emploi ou encore l’entrepreneuriat féminin. Le supplément accorde une place importante aux interviews de responsables institutionnels et d’acteurs économiques, offrant ainsi une parole directe aux décideurs. Les contributions d’experts, notamment celles du Bureau du FMI aux Comores, enrichissent la réflexion sur les politiques de développement.

Principaux thèmes abordés (mars-mai 2017)

Infrastructures et aménagement du territoire

Le numéro du 3 mars 2017 consacre son dossier principal aux infrastructures, avec un entretien de Hassan Bacar Maecha, directeur national des Infrastructures. L’article révèle que le budget 2017 affecte 81 milliards de francs à l’investissement, dont 31 milliards sur ressources internes et 49 milliards sur financement extérieur. Selon la loi de finances adoptée le 29 décembre 2016, 40 milliards de francs de ces financements extérieurs sont considérés comme « acquis » (garantis).

L’entretien soulève une problématique structurelle : « Le secteur privé comorien arrive rarement à absorber les marchés financés par les bailleurs de fonds extérieurs », selon Hassan Bacar Maecha. Cette question de la capacité d’absorption devient centrale dans la réflexion sur l’efficacité de l’aide au développement. Le dossier examine également les infrastructures réalisées qui posent problème, celles financées mais qui peinent à démarrer, et celles qui cherchent désespérément des financements.

Le 28 avril, une contribution analyse le Partenariat public-privé (PPP), soulignant qu’il n’est « pas une panacée » et que « le préfinancement d’une infrastructure par un partenaire privé n’est pas synonyme de désengagement financier de la personne publique ». Cette analyse nuancée reflète une maturation de la réflexion sur les mécanismes de financement des infrastructures.

Emploi et questions sociales

Le numéro du 27 janvier 2017 propose un long entretien avec Salim Soulaimana, secrétaire général de la Confédération des travailleurs comoriens, sous le titre évocateur : « Quand on veut préserver l’emploi, on commence d’abord par sécuriser les emplois qui existent ». Le syndicaliste critique vivement les « méthodes expéditives » du gouvernement, notamment « la série de licenciements opérés ces derniers mois », et regrette « le fait qu’on ait mis de côté » les chantiers validés lors de séminaires nationaux sur l’emploi.

L’article révèle un taux de chômage atteignant 35 pour cent. Face à ce défi, le gouvernement présente lors du séminaire gouvernemental du 7 janvier 2017 un plan de « création d’emplois rapides » construit autour de dix mesures, bien que le Commissariat général au plan identifie un « très fort potentiel d’emplois inexploités ».

Entrepreneuriat féminin

Le 10 mars 2017, en lien avec la Journée internationale de la femme, Watwan Eco publie un dossier sur l’entrepreneuriat au féminin, avec une interview de Hissane Guy, présidente de la plateforme « Entreprendre au féminin ». Celle-ci déclare : « Les lois comoriennes ne discriminent pas les femmes, mais dans la pratique, la situation n’est pas aussi facile ».

Le « Chiffre du Jour » rappelle que selon l’Organisation internationale du travail, l’écart entre les sexes en matière d’emploi ne s’est réduit que de 0,6 point de pourcentage à l’échelle mondiale depuis 1995. Hissane Guy souligne l’importance pour les femmes de « s’investir elles-mêmes dans l’entrepreneuriat » plutôt que de « seulement compter être recrutées ».

Secteur de la pêche

Le 3 février 2017, Watwan Eco consacre son dossier à la pêche avec un entretien de Youssouf Ali Mohamed qui évoque « l’évolution du secteur ». L’article souligne que « les navires étrangers opèrent dans le cadre d’un accord de pêche précis qui a déjà défini ces redevances qui sont régulièrement versées ». Concernant la pêche artisanale comorienne, les pêcheurs « n’ont pas cette habitude de payer des redevances mais ils devront le faire ».

Le reportage identifie les principales contraintes bloquant l’usine de pêche créée cinq ans auparavant : le manque d’un laboratoire d’analyse, l’absence d’une autorité de certification et de normalisation des produits halieutiques, ainsi que le « carton jaune infligé par Bruxelles aux bateaux battant pavillons comoriens ». L’Assemblée nationale demande à la vice-présidence en charge des Transports de publier un avertissement international concernant les pavillons comoriens non délivrés par l’Agence nationale compétente.

Transport aérien

Le 12 janvier 2017, le dossier « Compagnies aériennes : Voyage en zones de turbulence » examine les graves difficultés du secteur. Les compagnies comoriennes sont confrontées à des « frais nombreux et élevés » qui ne prendraient pas suffisamment en compte le « rôle social » qu’elles remplissent. Elles ne sont « jamais associées » à la prise de décisions concernant le secteur, subissent le coût exorbitant du kérosène et critiquent la double casquette de la vice-présidence chargée du ministère des Transports qui « élabore la politique nationale du transport et reste l’autorité de tutelle de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacm) ».

Jean-Marc Heintz, directeur général de l’Anacm, déclare dans une interview : « Nous devrions pouvoir atteindre les 60% des standards obligatoires, fin 2017 », soulignant les efforts d’amélioration de la sécurité aérienne.

Énergie

Le 5 mai 2017, Watwan Eco aborde la question énergétique sous l’angle international avec un dossier intitulé « Comment la fracture électrique divise l’Afrique ». Au niveau national, la troisième réunion du comité de pilotage du « Projet de mise en place de six micro-réseaux électriques photovoltaïques en zone rurale dans l’île de Mwali » constate un important retard avec un taux d’exécution autour de 17 pour cent en mars 2017, expliqué par « les procédures qui exigent de très long délais ».

Le numéro propose également un portrait de Zaidi Naboine, alias « Chehuwadini », membre de la diaspora ayant créé l’entreprise « Ameublement, décoration et confort » (CDA) il y a quatorze ans. Après avoir souffert des « délestages incessants d’électricité », il se dit « convaincu que grâce à la stabilité énergétique retrouvée et le fuel lourd annoncé, son capital ne sera pas perdu ».

Société comorienne des hydrocarbures

Le 12 mai 2017, Watwan Eco consacre un publi-reportage (pages II et III) à la Société comorienne des hydrocarbures (SCH), à la veille de sa session ordinaire du Conseil d’administration. Jouissant du monopole de l’importation et de la distribution des produits pétroliers et leurs dérivés, la SCH annonce son intention de « foncer dans l’innovation pour mieux s’ancrer dans le développement » en reprenant ses « activités d’antan : importation et distribution du bitume, du gaz et autres lubrifiants ».

Ouverture internationale

Relations avec Maurice et la région

Le numéro du 12 mai 2017 révèle que les échanges commerciaux entre les Comores et l’île Maurice sont évalués à 6 millions de dollars en 2016, « un peu plus de 2,7 milliards de francs ». Selon la Commission Mixte permanente Comores-Maurice, ces échanges « peuvent s’accroitre de manière exponentielle » si « les entraves en termes de connectivités aériennes, maritimes et numériques sont levées ».

Le 7 avril 2017, Michel Bua et Ibrahim Ahamada, représentant résident et économiste du Bureau du FMI en Union des Comores, proposent une contribution invitant à « revisiter le cas de l’île Maurice ». Ils soulignent que Maurice « constitue une excellente référence car cet État insulaire présentait, à la fin des années 1970, une situation analogue à celle des Comores aujourd’hui, avec des caractéristiques physiques et économiques » comparables.

Le 24 mars, Watwan Eco couvre la première édition de la plateforme économique africaine tenue à Maurice, rappelant que « l’apport des entreprises privées dans la création de richesses en Afrique est sans conteste » : le secteur privé « constitue la source de deux tiers de l’investissement et de trois-quarts du rendement économique sur le continent » et emploie « 90 pour cent de la main-d’œuvre ».

Attractivité et investissements

Le 28 avril 2017, le « Chiffre du Jour » rapporte que les Comores occupent le 41ème rang sur 54 pays africains dans le classement 2017 des pays les plus attractifs pour les investisseurs, établi par Quantum Global Research Lab. L’archipel est « jugé plus attractif que son voisin Madagascar, reléguée à la quarante-cinquième place », mais « devancé de très loin par l’île Maurice (16ème) et les Seychelles (30ème) ». Le Botswana apparaît comme le pays le plus attractif d’Afrique selon ce classement publié en avril.

Initiatives internationales

Le 19 mai 2017, Watwan Eco consacre son dossier (pages II et III) au projet chinois de « Route de la soie », sous le titre « L’arme économique de la Chine ». L’article couvre le premier Forum de « la Ceinture et la Route » pour la coopération internationale, tenu les 14 et 15 mai à Beijing avec vingt-neuf chefs d’État et de gouvernement. Cette initiative « Obor », proposée en 2013, représente « un projet titanesque de près de 1.000 milliards de dollars » visant à créer « un réseau transnational reliant l’Asie à l’Europe et à l’Afrique ».

Le « Chiffre du Jour » précise que la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures et la Nouvelle banque de développement des BRICS ont fourni 1,7 milliard de dollars de prêts à neuf projets dans les pays participants.

Le 31 mars 2017, après la couverture de la cinquième édition du Forum des Marchés émergents sur l’Afrique, Watwan Eco traite de la deuxième Conférence internationale sur l’émergence de l’Afrique, tenue du 28 au 30 mars à Abidjan. Cette conférence est « consacrée à la mise en œuvre des plans d’émergence et à approfondir le débat sur leur mise en œuvre à la lumière des Objectifs de développement durable, de l’Agenda 2063 de l’Union africaine ».

Le 7 avril, un rapport conjoint de l’Agence française de développement et de la Banque mondiale, intitulé « Infrastructures Africaines : Une transformation impérative », estime à 100 milliards de dollars par an « la somme qu’il faut, au moins, pour couvrir les besoins d’investissement en infrastructures des économies africaines ». Le supplément note que « ces dernières années les ressources financières publiques dans des nombreux pays sont soumises à la contrainte de la raréfaction de l’aide au développement et à la faiblesse des recettes fiscales ».

Innovations et outils économiques

Le 24 mars 2017, Watwan Eco explore le concept de financement participatif ou crowdfunding, « un outil numérique qui permet de financer des projets innovants, créatifs ou solidaires en faisant appel aux contributions des internautes ». L’article souligne que « de nombreux projets ont été financés par le financement participatif dans bien des domaines aussi bien artistiques, humanitaires que politiques », présentant ce mécanisme comme « un levier qui permet au grand public de soutenir financièrement et collectivement une idée ou un projet qui le séduit ».

Cette ouverture aux nouveaux instruments financiers s’inscrit dans une réflexion plus large sur le rôle du secteur privé. Comme l’indique une citation rapportée le 24 mars : « La force de l’économie du pays viendra du secteur privé. L’État doit continuer la politique de désengagement auprès des entreprises ».

Contexte politique et stratégique

Le 31 mars 2017, Watwan Eco rapporte que les nouvelles autorités comoriennes comptent « beaucoup, sur une mobilisation de ressources propres avec une politique drastique de sécurisation des recettes internes ». Une citation révélatrice illustre cette ambition : « Nous avons déjà démontré qu’on pouvait investir par des fonds propres. Il y a de l’argent dans ce pays. Il suffit de bien fermer les vannes et de traquer l’argent qui n’entre pas dans les caisses de l’État ».

Le 19 mai, dans la rubrique « Opinion », Watwan Eco s’interroge sur les relations franco-africaines avec l’arrivée d’Emmanuel Macron à la présidence française : « Le président Macron saura-t-il faire souffler un vent nouveau sur les relations avec l’Afrique? » L’article rappelle qu’« à l’ENA, alors que tous ne rêvaient que d’un stage dans une grande ambassade », suggérant une approche potentiellement différente de la diplomatie économique.

Ligne éditoriale et approche journalistique

Durant la période mars-mai 2017, Watwan Eco se distingue par une approche à la fois pédagogique et critique de l’actualité économique. Le supplément privilégie les formats longs, notamment les entretiens approfondis avec des responsables institutionnels et des acteurs économiques. Cette méthode permet d’offrir aux lecteurs un accès direct aux analyses des décideurs tout en maintenant une distance critique, particulièrement visible dans les interviews de syndicalistes ou d’entrepreneurs.

La publication manifeste également un souci constant de contextualisation internationale. Les dossiers sur les initiatives chinoises, les conférences africaines ou les comparaisons avec Maurice témoignent d’une volonté de situer les enjeux comoriens dans une perspective régionale et mondiale. Cette ouverture s’accompagne d’une attention aux innovations économiques et aux nouvelles pratiques (crowdfunding, partenariats public-privé) susceptibles d’inspirer le développement local.

Le recours systématique à des chiffres précis et à des sources identifiées (FMI, Banque mondiale, OIT) confère à la publication une crédibilité renforcée, positionnant Watwan Eco comme une référence pour comprendre les dynamiques économiques de l’archipel et leurs connexions avec les tendances continentales et mondiales.

Voir aussi

Sources

  • Collection Watwan Eco (janvier-mai 2017)
  • Archives du quotidien Al-watwan (2017)