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Introduction

Les emprunts du vocabulaire arabe dans les langues comoriennes, et en particulier la variante shikomori parlée à Mozumbique sur l’île de Grande Comore (Ngazidja), constituent un exemple significatif d’interaction linguistique et culturelle au Moyen-Orient et en Afrique de l’Est. Cette influence arabe est manifeste dans les emprunts lexicaux aux mots arabes et se reflète aussi dans la pratique historique de l’écriture ajami, c’est-à-dire le recours à un système d’écriture arabe pour noter des langues non arabes. Ces phénomènes contribuent à une meilleure compréhension du fonctionnement linguistique et culturel des communautés comoriennes.

L’utilisation de l’alphabet arabe, au-delà de la langue elle-même, offre un regard sur le rôle social et politique de la langue arabe en tant que langue religieuse (la langue du Coran), administrative, éducative et véhiculaire. Dans le cas des îles Comores, cette pratique apporte également une dimension supplémentaire en matière d’interprétation historique et linguistique.

L’écriture ajami pour noter le shikomori est un phénomène qui démontre à la fois l’emprise de l’alphabet arabe mais aussi comment les communautés locales adaptent ces systèmes alphabétiques en fonction des besoins propres d’une langue non indo-européenne. Cela revêt une importance particulière pour les études sur le monde islamique et les processus d’arabisation.

Emprunts lexicaux du shikomori à l’arabe

Contexte historique des emprunts arabo-comoriens

L’île de Moûtouni, qui abrite Mozumbike et une bonne part du territoire où se parle le shikomori, a connu depuis des siècles un important flux d’échanges commerciaux avec les côtes persanes et égyptiennes. Cette interaction régulière a conduit à l’emprunt de plusieurs termes arabes et persans dans la langue locale.

Exemples typiques

Nombreuses sont les occurrences d’argot comorien relevant du chikomori, en provenance des langues et pays arabophones. Les champs lexicaux qui contiennent le plus d’emprunts parmi ces mots empruntés comprennent notamment la religion (ex : Allah), les affaires commerciales (ex : dirham, monnaie pré-occidentale du Moyen-Orient) et l’administration (ex : qadi, juge religieux islamique).

L’écriture ajami pour le shikomori

Définition de l’ajami

L’écriture ajami est une pratique qui consiste à utiliser un alphabet appartenant à une langue différente (ici, l’alphabet arabe) afin de transcrire des langues non indo-européennes. Cette manière transite souvent par le nom et les caractéristiques d’une langue déjà utilisée, dans ce cas la langue arabe.

Signification historique

La pratique ajami revêt une importance historique pour comprendre comment se sont produits les emprunts et intégrations linguistiques lors du contact des peuples de cultures différents. L’ajami permet également d’accéder à un patrimoine oral qui a été recueilli de manière écrite sans systèmes alphabétiques développés localement.

Exemple : l’utilisation de certains caractères non-arabes pour noter les sons spécifiques du shikomori

Parfois, il est nécessaire d’utiliser des lettres ou des combinaisons qui ne font pas partout partie officiellement de l’alphabet arabe (mais qu’on trouve par exemple dans le système utilisé en Farsi), pour représenter phonétiquement les sons caractéristiques du shikomori.

Impact linguistique et culturel

Les emprunts lexicaux arabo-comoriens reflètent des liens historiques forts

La présence massive de mots arabes dans le corpus lexique comorien montre la profondeur et l’ampleur des contacts entre les sociétés comoriennes et celles du monde arabe et musulman. Cela indique un important échange culturel, religieux et économique.

Le rôle social et politique de l’alphabet arabe dans une perspective linguistique

En plus d’être la langue liturgique de l’Islam, le développement des usages linguistiques en langue comorienne autour de l’écriture arabe reflète également un statut particulier conféré à cette langue par les autorités politiques et religieuses.

Voir aussi

Sources

  • JAFFAR, Ahmed (1979) Le phénomène de l’intégration accentuelle en shindzuwani.